Phanee de Pool

Avec son décor un peu rococo et son monde tellement imagé Phanee de Pool raconte en chanson, sur un ton malicieux les aléas existentiels. Avec humour dans une scénographie bien orchestrée, c’est une slammeuse féminine accompagnée par le public qui s’en donne à cœur joie en ce dernier jour de Paléo elle assume ses convictions et assure. Artiste d’une grande créativité elle propose un spectacle original qui amène à la réflexion au travers de ses textes. C’est un réel succès le public rit chante et applaudit chaudement devant la scène du club Tent.

Carte blanche à l’Orchestre de Chambre de Lausanne

C’est une fabuleuse tradition qui est offerte au public le dimanche en début de soirée le dernier jour du Paléo. C’est une première sur la plaine de l’Asse pour l’Orcheste de Chambre de Lausanne qui propose un programme surprise de son répertoire sous la baguette du jeune maestro Joshua Weilerstein qui va diriger ses musiciens sur la scène des Arches. Une entrée en matière avec le premier mouvement de la très célèbre 5ème symphoniede Beethoven, suivent du Mozart,  Mendelssohn avec Le songe d’une nuit d’été et d’autres pièces très connues plus contemporaines dont l’Adagio pour cordes de Samuel Barber (entendue par exemple dans un film de 1986, rappelez-vous) et certainement des découvertes avec Gabriela Lena Frank une compositrice américaine contemporaine ou Ligeti pour finir avec une pièce originale de Steve Reich qui explore des domaines originaux. Un programme ambitieux pour ces ambassadeurs de musique classique que le chef et son orchestre souhaitent partager et faire connaître au plus grand nombre dans une prestation réussie qui remporte un vif succès.

Birkin Gainsbourg Le Symphonique

C’est un vrai orchestre symphonique qui est installé sur la grande scène du Paléo sous le ciel gris pour un hommage et une revisite originale de l’œuvre de Serge Gainsbourg qui aurait certainement apprécié sans le dire toutefois que son œuvre en ambassadeur de la musique soit mêlée ou confrontée ainsi dans un esprit contestataire portée par la voix de sa muse Jane. Quelles émotions, quel amour qui transparaît dans ces moments magnifiques, fugaces, élégants et précieux qui célèbrent les souvenirs, les bonheurs passés et simplement l’amour de l’art. Des arrangements extraordinaires du pianiste Nobuyuki Nakajima avec des mélodies qui accompagnent en symbiose dans une harmonie parfaite la sensibilité de cette extraordinaire artiste. Et sous la direction du maestro Alexandre Mayer pour l’ensemble Symphonique de Neuchâtel, la complicité est évidente pour porter la voix de sa soliste. Merci pour ce petit bonheur, cet hymne à l’amour, cette célébration  qui a offert tant d’émotions et de sincérité.

Quiet Island

Ils sont quatre musiciens et chanteurs qui jouent des arrangements harmonieux et subtils accompagnés de voix douces pour un résultat soigné et réconfortant. C’est une douceur acidulée qui fond doucement et apporte une note de sérénité. Le public venu en nombre au Détour apprécie et applaudit chaleureusement.

Lou Doillon

C’est une superbe énergie que dégage Lou Doillon dès qu’elle est sur scène elle danse saute et ça groove sec au son du rock et de sa voix aux intonations rauques et sensuelles. Assurément à l’aise, elle déchire et le public des Arches est conquis et l’applaudit chaleureusement. Ses quatre musiciens distillent une musique rock parfois teintée de blues et lorsque Lou joue à son tour en solo, l’intensité atteint son paroxysme lorsque tous se joignent à elle dans des arrangements aboutis qui aboient parfois. C’est un pur régal, l’apothéose musicale dans un ensemble qui fonctionne et qui partage son plaisir et sa recherche de l’excellence. Une ode à la vie et à l’art de vivre !

The Gardener & The Tree

Une superbe voix puissante et un peu rauque avec une touche de soul, c’est celle Manuel Felder sur des musiques qui bougent avec des mélodies splendides pop-folk. Ils sont une formation de quatre musiciens chevronnés et un chanteur aux textes convaincants tiré du quotidien qui vivent intensément leur musique. Le public reprend les refrains avec un  enthousiasme mérité au Détour. C’est une très jolie découverte de la scène suisse, à suivre.

Youssoupha

Sur la scène des Arches, l’heure est au rap francophone avec Youssoupha. Du rap authentique sans fioriture qui dépeint avec spontanéité dans un élan ironique ou poétique la vie ou l’instant présent. Dès son arrivée il met le feu à la scène des Arches avec une énergie inégalée et à sa demande le public lève les bras et forme une seule famille. En maître des mots sur les rimes Youssoupha annonce officiellement que c’est le dernier concert sur les Arches alors c’est une raison supplémentaire de faire la fête et le public répond à l’unisson à ses sollicitations.

Patrick Bruel

L’heure du dernier concert sur la grande scène est arrivée et la foule est présente attendant l’arrivée de Patrick Bruel qui clôture le Paléo Festival 2019 pour sa 44èmeédition.

C’est un Patrick Bruel qui est impressionnant sur scène dans des versions rythmées, dance voire électro de ses succès récents ou plus anciens autant que pour ses chansons plus engagées ou intimistes lorsqu’il est au piano et que tous reprennent ses paroles à tue-tête. Le charme inégalé de cet artiste qui a toujours été de mise avec le public du Paléo lors de ses spectacles précédents est intact, mais il y a de plus un échange particulier: un message d’amour et des émotions fortes partagée ce soir. Le plaisir est évident autant pour l’artiste que pour son public qui sont transcendés. Un spectacle où transparaît une splendide confiance en soi et dans l’autre et où se reflète une sereine maturité. Merci pour votre talent et vos qualités de cœur.

©Photos Eric Frachon & textes MF pour Showmedialive